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 Culture Amerindienne

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MessageSujet: Culture Amerindienne   Mar 27 Fév - 16:13

Extrait du site : http://surledosdelatortue.free.fr/20091SW1.htm

La hutte de sudation
(Jo Bruchac )

La hutte de sudation est une des traditions les plus répandues parmi les amérindiens d'Amérique du Nord. Les Espagnols furent les premiers Européens à la décrire. Ils virent ce qu'ils appelèrent temezcalli parmi les autochtones du Mexique. (Teme est le terme Nahuatl pour "bain". Calli signifie "maison" dans cette même langue). C'était une coutume si étrange et semblant si malsaine aux différents missionnaires qui suivirent les conquistadores qu'ils passèrent presque autant de temps à décrire le temescal qu'à l'éradiquer.

On trouve la hutte de sudation, sous une forme ou une autre, partout en Amérique du Nord. Dans le nord-est, les huttes bâties avec des branches de saule peuvent être recouvertes d'écorces ou de peaux. dans le Sud-est, elles peuvent être en mottes de terre ou un creux à flanc de montagne résultat de l'érosion par une rivière. Dans les plaines, la hutte de sudation était couverte de peaux de bison, alors qu'en Californie la maison de sudation servait à la fois de lieu d'habitation et de centre cérémoniel. Dans le nord du nord-ouest, les maisons de sudation étaient construites en planches de cèdre; jusqu'aux Inuits qui pratiquaient les sudations dans leurs igloos.

La tradition de la hutte de sudation la plus répandue aujourd'hui est celle des Sioux Lakotas, qui l'appellent inipi. Les Lakota s'accrochèrent avec ténacité à inipi pendant une époque où de nombreuses tribus amérindiennes furent contraintes par les missionnaires et le gouvernement fédéral d'abandonner cette tradition. Dans certaines communautés des générations s'écoulèrent sans sudations à cause de la pression de l'église et des autorités civiles. Les anciens, hommes et femmes, qui savaient comment organiser une hutte de sudation moururent sans transmettre leur savoir aux nouvelles générations. durant les trente dernières années, de nombreux anciens Lakota firent montre d'une grande générosité en partageant leurs cérémonies sacrées avec d'autres communautés amérindiennes qui souhaitaient instaurer de nouveau la hutte de sudation. Ils la partagèrent aussi avec des amérindiens isolés qui grandirent dans les villes, en dehors des réserves. Inipi a même été apportée par des anciens dans les quartiers de haute sécurité des prisons aux bénéfices des amérindiens incarcérés. Pour l'American Indian Movement (AIM), fondé en 1968, inipi devint une fondement spirituel pour un éveil à une conscience politique.

Ma première expérience de hutte de sudation a été très particulière. J'avais entendu parler et lu sur la hutte de sudation depuis de nombreuses années et j'avais compris qu'elle avait, jusqu'à récemment, fait partie des traditions abenaki. (A Mississquoi, la communauté abenaki du nord du Vermont, on prenait des bains de vapeur assez régulièrement il y a à peine cinquante ans, mais l'usage de la sudation parmi les amérindiens des états de New York et du New England était devenu chose rare dans les années 60. ) Il vint un temps dans ma vie où je ressentis le besoin de m'engager dans la sudation, mais j'étais très sensible au fait de pénétrer dans les traditions d'autres peuples. Aucun des anciens abenaki qui étaient alors mes professeurs n'avait une connaissance directe de la hutte de sudation. Aussi demandes-je à Swift Eagle, un ami et ancien Pueblo/Apache, ce que je devrais faire pour apprendre la hutte de sudation. "Si tu as vraiment besoin de quelque chose," dit-il, "tiens-toi prêt. Et la chose viendra à toi."

Le lendemain, un ami iroquois me téléphona. Un groupe de deux cents amérindiens allaient passer près de chez nous venant de Buffalo et en route vers New York pour soutenir les droits indigènes de Leonard Peltier. Ils avaient besoin d'un endroit où passer la nuit. Est-ce que nous avions de la place? Quand le groupe arriva et installa son campement derrière notre maison et la maison de ma soeur, ils s'y trouvèrent si bien que la nuit dura trois jours. Il y avait partout des Lakotas, des Iroquois, des Ojibways et d'autres amérindiens, amérindiennes et enfants amérindiens de plus de vingt nations différentes. Le son du tambour et des forty-nine* résonnait jusqu'à la petite maison au fond du terrain où mes arrière-grands-parents finissaient leurs jours. La cuisine était envahie de boites de pain grillé, et la baignoire était pleine de foin d'odeur qui trempait. Le deuxième jour, Leonard Crow Dog, le medecine man lakota qui fut à l'origine de l'AIM, un conseiller, décida qu'ils serait bon pour nous d'avoir une hutte de sudation. Mon père leur dit qu'ils pouvaient en construire une à Bell Brooks, dans les bois qui s'étendaient derrière la maison. Il leur donna sa bénédiction et un bois de cerf pour pouvoir porter les pierres chaudes. Mes deux jeunes fils et moi fûmes invités aux préparatifs puis à entrer dans la hutte. Avant son départ, Crow Dog donna la hutte à notre famille et nous apprit comment l'utiliser pour nous et nos amis.

Résultat de cet engagement à partager leurs traditions : de nombreux Lakota et non-Lakota (instruits par des professeurs lakota) parcourent le continent américain pour offrir inipi à leur peuple et parfois à des non-indiens. Il semble qu'aujourd'hui, la hutte de sudation est pratiquée partout où il y a des amérindiens, tant au Canada qu'aux Etats-Unis. Malheureusement, on trouve aussi des "medecine men" amérindiens ou non et des gens qui s'attribuent le nom de chaman offrir des hutte de sudation (parfois pour une participation financière pouvant atteindre 500$ (plus de 2500FF) par personne!) non seulement en Amérique, mais aussi en Europe. On trouve des Tipi et inipi chaque année le long du Rhin. Le phénomène a atteint un tel degré qu'une publication, The European Journal of Native Studies, a maintenant une rubrique régulière intitulée "the plastic medecine man watch". On y parle de quelques imposteurs qui extorquent de grosses sommes d'argent à des Européens naïfs (n'ayant pour certains que des revenus modestes) en échange d'une "sudation sacrée".

L'usage consistant à verser de l'eau sur des pierres chaudes afin de produire de bains de vapeur purificateur est commun, bien sûr, dans de nombreux endroits du monde et n'est pas un usage limité aux peuples indigènes du continent américain. Si les premiers européens qui visitèrent le Mexique avaient été des Scandinaves et non des Espagnols ils se seraient davantage sentis en pays de connaissance en ce qui concerne le temescal. Le savusauna ou sauna de Finlande ressemble beaucoup à la sudation amérindienne; des amis scandinaves m'ont dit que le sauna avait aussi ses origines dans une cérémonie. Mikkel Aaland, dans son étude mondiale des traditions du bain de vapeur, Sweat, rapporte un vieux dicton de Finlande :"Dans un sauna on doit se conduire comme si on était dans une église." De nombreux scandinaves ressentent encore la purification apportée par le sauna, comme dans une hutte de sudation, non pas seulement comme une purification physique mais aussi de l'esprit et de l'âme. La purification en elle-même, bien sûr, est perçue couramment comme un acte sacramentel dans de nombreuses cultures. Toutefois, parmi les peuples de l'Amérique du Nord, la hutte de sudation est davantage un sacrement qu'un délassement. Elle est intimement liée à la prière et à la préparation.

On peut penser que la pratique des huttes de sudations se répand maintenant et redevient commune comme avant la domination européenne et les désapprobations officielles du gouvernement des Etats-Unis. Mais, la hutte de sudation est moins courante aujourd'hui que pendant la période 1930-1960. Beaucoup d'anciens m'ont dit, dans de nombreuses communautés amérindiennes qu'ils se souvenaient du temps de leur jeunesse où il y avait une hutte de sudation dans chaque arrière cour et que les gens pratiquaient la sudation au moins une fois par jour. Il est clair que la hutte de sudation peut être une expérience communautaire ou profondément individuelle.

Je participe à la construction de huttes de sudations et prends part à des sudations depuis plus de dix ans. A cause de tout ce que m'a apporté cette tradition, je parle de la hutte de sudation avec le plus profond respect. (...)

J'ai constaté un intérêt et une participation constants des non-autochtones dans les sudations et autres pratiques "religieuses" amérindiennes. (...) Parfois l'enthousiasme dépasse largement la connaissance et la capacité des non-autochtones qui y participent et même parfois la dirigent. La majeure partie de ce que j'ai vu ou lu sur les pratiques non-autochtones en relation avec les "sudations" m'emplit d'inquiétude. Je voudrais apporter ma contribution à remettre les choses à leur place. Les gens ont besoin de comprendre que la participation à une hutte de sudation, sans parler de la direction, n'est pas à prendre à la légère.

Si vous dirigez une hutte de sudation, vous êtes responsable de la sécurité de chaque personne présente dans la hutte avec vous. Si vous pénétrez dans la hutte, vous devez le faire avec un esprit clair; si vous y entrez avec vos ennuis, vous ne pouvez pas les cacher à votre coeur. Vous pouvez prier pour vous purifier, mais si vous n'êtes pas prêt à être purifié de sentiments comme la colère ou la jalousie, il vaudrait mieux éviter d'entrer. Il faut aussi prendre en considération votre santé physique. C'est la responsabilité du meneur de la sudation de savoir si quelqu'un souffre de trouble physique -problème cardiaque, peut-être, ou emphysème, qui peuvent s'aggraver dans l'atmosphère de la hutte de sudation. Je sais que plusieurs fois, ces dernières années, des gens sont morts dans des huttes de sudations. Mais la plupart du temps, la hutte de sudation ne fait pas de mal. Vous êtes plus en danger lorsque vous traversez une rue que lorsque vous vous introduisez dans une hutte de sudation. Toutefois, qu'il s'agisse de traverser une rue ou de s'introduire dans une hutte, chacun doit savoir quoi faire pour être en sécurité. Quand une personne dit, à l'intérieur de la hutte qu'il ou elle ne peut pas rester plus longtemps, celui qui dirige la cérémonie doit être attentif à ce qui est dit.

(...)

Il faut savoir qu'il n'existe pas qu'une seule manière de pratiquer la hutte de sudation : inipi. Il y a au moins trois grands types de construction pour la sudation : la hutte où les pierres sont introduites de l'extérieur et sur lesquelles on verse de l'eau; celle dans laquelle on n'utilise pas d'eau et où le feu central est allumé dans la hutte (celle-ci étant souvent utilisée à la fois comme lieu d'habitation et lieu de sudation), et la méthode maya et aztèque utilisant une canalisation pour diriger la chaleur du feu dans une construction d'argile ou de pierre. (les Espagnols n'ignoraient pas les hammams de Grenade mais pensaient que se laver enlevait la force.

*forty-nine : chants pratiqués pour la première fois par les vétérans de la deuxième guerre mondiale à leur retour dans leurs communautés respectives, en 1949, d'où leur nom générique. Jim Pepper est un célèbre forty niner.
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narbe



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Date d'inscription : 03/07/2012

MessageSujet: Culture Amerindienne   Jeu 8 Nov - 20:09

Bonjour,
On a tous hérité de ce culture. Merci d'avoir récapitulé!
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